« Vers la victoire! Les succès de l’Armée Rouge doivent nous inciter à redoubler d’énergie sur notre front ! L’offensive déclenchée par l’Armée Rouge se poursuit victorieusement. Après avoir repoussé la menace sur le Caucase en reprenant Rostov, les troupes soviétiques ont vigoureusement retourné les tenailles dans lesquelles les nazis tentaient d’enserrer Moscou ».
C’est ainsi que débute un numéro datant de janvier 1942 de « Le Drapeau Rouge », l’ancien organe central du Parti Communiste de Belgique. Les Jeunes Communistes de Belgique, jeunes par leur nom et leur composition, sortent Révolte le premier mai 2025, qui vise à jouer le même rôle que Le Drapeau Rouge dans notre pays.
Les communistes belges n’ont jamais eté aussi populaires que dans des pays comme l’Italie, la France ou même l’Allemagne. Par conséquent, même Le Drapeau Rouge n’a jamais été le magazine le plus connu de la classe ouvrière. Pourtant, même après l’interdiction du magazine par le gouvernement belge en janvier 1940, les organisateurs du Drapeau Rouge ont réussi à le faire paraître pendant l’occupation allemande. Dans ces circonstances, alors que les peuples flamands et wallons se trouvaient sous le joug des nazis, Le Drapeau Rouge parvint à gagner la confiance d’un nombre beaucoup plus important de travailleurs.
Les communistes ont lutté avec succes pour la libération de la Belgique avec une milice de 20 000 hommes, mais ils se sont desarmés lorsque l’ancien gouvernement est revenu au pouvoir. Après la guerre, le magazine est publié quotidiennement et Le Drapeau Rouge atteint son plus grand nombre d’abonnements jusqu’alors. Malheureusement, les dirigeants du PCB et les rédacteurs du Drapeau Rouge ne parviennent pas à maintenir l’élan de cette nouvelle popularité. Les raisons sont multiples, mais les problèmes qui affectaient le mouvement communiste belge à cette époque dépassent le cadre de cet article. Une chose reste certaine : Le Drapeau Rouge fut l’une des plus importantes tentatives de diffusion de la conscience de classe communiste parmi les travailleurs belges.
Il y a trop longtemps, depuis l’époque encore révolutionnaire de TPO, renommé en PTB, depuis l’age d’or du Parti Communiste de Belgique, que les travailleurs belges disposaient encore d’une organisation révolutionnaire et puissante. Ces organisations, bien qu’imparfaites, ont progressivement cédé la place aux réformistes, aux opportunistes, aux chauvins. Comme l’ecrivait alors Le Drapeau Rouge en 1921 :
« Autrefois, la social-démocratie était aussi rouge (…) maintenant leur drapeau est jaune (…) jaune de la saleté, de la tromperie et du mensonge hideux que l’histoire met en évidence ».
Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation similaire. Depuis trop longtemps, le mouvement syndical est en proie à la trahison et à l’opportunisme : des dirigeants syndicaux qui préfèrent la « concertation sociale » à la defense des travailleurs, des politiciens qui agitent des drapeaux rouges dans les rues et des drapeaux blancs dans les parlements. Pour les communistes, pour ceux qui reconnaissent que le capitalisme est un système moribond et qu’aucune réforme ou « État-providence » ne nous sauvera, il leur reste une grande tâche à accomplir. Il s’agit de la reconstruction du mouvement ouvrier communiste en Belgique.
Comme Le Drapeau Rouge nous l’a montré, parmi de nombreux autres journaux de lutte communiste d’aujourd’hui et d’hier, un tel organe ne sert pas simplement de journal banal. C’est pourquoi les auteurs du Drapeau Rouge ont écrit : « Dans les tout premiers rangs, Le Drapeau Rouge luttera avec la classe ouvrière contre la bourgeoisie ». La tâche des rédacteurs de Révolte est de mener une lutte ideologique contre les idées des patrons qui haissent les Hommes, de lutter avec les travailleurs dans les rues et dans les ateliers, d’éduquer à la doctrine de la classe ouvriere, le marxisme.
C’est pourquoi Révolte vise à montrer et à éclairer la vie réelle de la classe ouvriere belge, en expliquant notre pays et le monde d’un point de vue communiste. Nous sommes conscients que cette perspective s’est raréfiée au fil des ans. Pourtant, des graines de conscience subsistent toujours. C’est cette année que les syndicats ont organisé une greve générale et c’est en 2014 que 120 000 travailleurs sont descendus dans la rue pour défendre leurs droits.
Ces graines doivent germer et être entretenues. Pour ce faire, Révolte doit remplir son role d’arme de la classe ouvriere. Comment entendons-nous y parvenir ? Nous allons clarifier pour le lecteur la conduite de Révolte. Comme nous l’avons dejà dit, Révolte doit lutter avec la classe ouvrière contre la bourgeoisie. Cela se fait par l’éducation, la propagande et l’agitation. Cela se reflète également dans la composition du magazine. Nous nous efforcons d’éduquer le lecteur au marxisme en écrivant des articles théoriques, en faisant la promotion de nos zines et en ajoutant des textes marxistes au journal. En informant les lecteurs sur les mouvements, les développements et les évènements actuels en Belgique ainsi qu’à l’étranger, nous voulons sensibiliser les lecteurs à la réalite politique de notre pays. Nous voulons également impliquer le lecteur, l’encourager à agir lui-meme. Nous le faisons en donnant des rapports d’action de la Jeunesse Communiste de Belgique et en encourageant le lecteur a aider l’organisation.
« Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner. Proletaires de tous les pays, unnisez-vous! »
- Rédaction de Révolte, 1er mai 2025
