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En mémoire de Julien Lahaut

Le 16 août 2026, nous—les Jeunes Communistes de Belgique des diverses provinces ainsi que le Mouvement de la Jeunesse Communiste (CJB) du Limbourg néerlandais—nous sommes rassemblés à Seraing pour commémorer le meurtre de Julien Lahaut.

Il y a septante-six ans, le secrétaire général du Parti Communiste de Belgique (PCB) fut assassiné de sang froid par le Capital belge. Nous commémorons ses contributions au prolétariat international, ce qui a fait de lui un ennemi de l’État belge et de sa classe dirigeante.

L’héritage de Lahaut

Le talent oratoire de Lahaut inspira de nombreux d’ouvriers à l’action et à se mettre en grève. En partie grâce à lui, le PCB développa sa base ouvrière dans les années 30 et a su jouer un rôle majeur dans les mouvements de grève de l’époque. Sous sa direction, le PCB mobilisa des milliers de volontaires dans le combat contre le fascisme durant la guerre civile espagnole.

Le PCB savait que la lutte électorale à elle seule ne peut venir à bout du fascisme. Ses comités d’action syndicaux, organisations de jeunesse révolutionnaires, et sa résistance armée des partisans ont su résister de manière efficace au fascisme. Quelques mois après que le PCN néerlandais lança la grève de février, Julien Lahaut dirigea la grève des 100.000 en mai 1941. L’unité des prolétaires stoppa la production d’acier pour les armes nazies. Les forces d’occupation et la bourgeoisie furent forcés d’augmenter les rations et salaires de 8%.

En juin, il fut arrêté par la Gestapo puis éventuellement déporté au camp de concentration de Neuengamme. Là bas, il gagna le surnom de « l’homme qui avait le soleil dans sa poche et en donnait une pièce à tout le monde ». même en captivité, il organisa les communistes et fit des actions de sabotage. Il a ensuité été déporté à Mathausen, où il survécut à la maladie. Après la libération du camp en printemps 1945, il revint en Belgique, acceuilli en héros et recevant le titre de président du PCB.

Le Roi Léopold III revint aussi après la guerre. Durant les années de résistance, les communistes gagnèrent la confiance de la classe ouvrière belge. Ils répondirent à la trahison du roi pendant la guerre par l’appel de l’établissement d’une République belge. Après plusieurs manifestations meurtrières, Léopold III se vit forcé d’abdiquer. Quand son fils Baudion prêta le serment royal, la faction communiste répondit par le cri « vive la république! ».

Une semaine plus tard, le 18 août 1950, Julien lahaut fut assassiné devant chez lui.

Le royaume de Belgique durant la guerre froide

Pour sa résistance durant la guerre, le PCB fut surnommé « le parti des exécutés ». En revanche, il échoua à transformer son soutien populaire massif en une situation révolutionnaire ou même à maintenir ce soutien. Le parti s’est trop reposé sur les promesses de la bourgeoisie d’aides et de dialogues sociaux. Le PCB décida de rejoindre le gouvernement bourgeois et abbandonna sa tâche et rôle historique d’avant -garde du prolétariat en faveur d’une « voie pacifique vers le socialisme ».

Mais malgré sa participation au gouvernement, le parti resta la cible de l’OTAN et de son réseau GLADIO. Le parti défendit les succès de l’Union Soviétique contre les attaques des forces bourgeoises, et resta la force motrice des mouvements progressistes et du mouvement syndical. Après la seconde guerre mondiale, le PCB se montra solidaire des mouvements de libération nationale opposés à la domination coloniale et impérialiste.

L’assassinat de Lahaut ne peut être compris que dans son contexte international. Le Capital belge—les patrons des industries minières et de l’acier—ont voulu préserver leur part du marché mondial. Ils avaient un intérêt dans l’établissement de l’OTAN et à préserver le contrôle colonial sur le Congo pour leur permettre d’exploiter ses resources et sa main d’oeuvre.

Précisément un mois après l’assassinat de Lahaut, l’armée belge entraina 3000 volontaires pour une intervention dans la guerre de Corée. Le peuple coréen a combattu contre le fascisme japonais et leurs propres oppresseurs. La lutte de libération nationale de la République Populaire Démocratique de Corée et du Parti Ouvrier s’est vue opposée dans une guerre aux proportions apocalyptiques par les puissances impérialistes.

Également, quand le peuple congolais réclamait son indépendance envers la Belgique, les capitalistes belges et étatsunien ont eu recours aux massacres. Patrice Lumumba, dirigeant du mouvement indépendantiste, a été tué par leurs hommes de main. La seule trace que l’on a retrouvé de Lumumba était deux de ses dents.

Des décénies après les faits, la piste d’indices sur le meutre de Julien Lahaut pointe la culpabilité à un réseau anticommuniste lié à la sûreté de l’état et au réseau anticommuniste de l’OTAN opération GLADIO. Durant l’entièreté de la guerre froide, ce réseau tuera une multitude de communistes et de syndicalistes.

Que pouvons nous apprendre de tout ça?

L’impérialisme capitaliste nous conduit une fois de plus vers un conflit global. Les dévelopements technologiques de ces dernières décénies a crée de nouvelles opportunités, mais représente aussi de nouveaux défits pour les communistes. Bien qu’il soit plus facile de répandre de la propagande, il n’a jamais été aussi facile pour les services de renseignements et leurs employeurs de traquer les allégeances politiques.

Une fois de plus, la classe ouvrière doit renforcer son pouvoir en s’organisant dans les entreprises et institutions où ils travaillent. Nous insistons sur le fait que, en tant que communistes, votre sécurité est aussi la sécurité du collectif; de vos collègues et camarades, de vos amis et votre famille. Le « parti des exécutés » nous apprend que des mesures de sécurité sont necéssaires pour une organisation dans un contexte de répression accrue, de militarisation, et de menaces de guerre.

Le meurtre de Lahaut nous rappelle que les capitalistes sont prêts à laisser nos camarades de classe mourir pour leurs intérêts. Il montre que la classe ouvrière doit contruire une force indépenante et opposée à la bourgeoisie, et a besoin de sa propre organisation révolutionnaire. Cette organisation ne doit pas reposer sa stratégie sur des fausses promesses ou la bourgeoisie, qu’elle soit belge ou étrangère; promettant de contrer l’impérialisme occidental par un « ordre mondial multipolaire ». C’est pourquoi nous construisons de manière indépendante la Jeunesse Communiste et poser les bases d’un nouveau Parti Communiste de Belgique.

La seule voie en avant est dans la lutte des classes; seul le socialisme peut vaincre l’impérialisme.
pour citer le camarade Lahaut: « Unissez vous, car ensemble vous êtes invincibles! »

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