La bourgeoisie discute de ses comptes : les débats budgétaires
Après la pause estivale, les débats budgétaires débuteront officiellement le 21 septembre. Tous les partis, de gauche à droite, et même les dirigeants syndicaux s’accordent à dire que le « problème budgétaire » doit être résolu. L’arbre du capitalisme, atteint d’une maladie incurable, doit une fois de plus être élagué.
« Taillez au sommet, ils reçoivent trop de soleil ! »
« Taillez au milieu, c’est là qu’on le remarque le moins ! »
« Taillez tout en bas, laissez pousser le sommet ! »
Dans ce cadre, ils se disputent entre eux pour savoir quelles branches doivent être taillées en premier. Mais quelle est la véritable cause et comment en sommes-nous arrivés là ? Dans quel but veulent-ils réellement tailler et qui en fera les frais ?
Le trou budgétaire et les dépenses du capital.
Notre mauvaise situation économique, notamment la baisse des cotisations sociales, la croissance stagnante, l’augmentation des dépenses liées aux retraites et les cadeaux sans fin aux entreprises, pèse lourdement sur le budget.
Le gouvernement affirme qu’il faudra trouver environ 10 milliards d’euros d’ici 2029. Pas pour nos ménages, notre pain quotidien ou nos factures d’énergie, mais pour les entreprises et la militarisation.
On comprend mieux comment notre gouvernement en est arrivé à un déficit budgétaire atteignant 35 milliards (5 % du PIB) et à une dette publique de 108 %. Alors que la classe ouvrière doit survivre en vendant sa force de travail, les gouvernements successifs offrent des milliards d’euros aux entreprises, aux banques et au complexe militaro-industriel.
Pour sauver les banques en 2008, le gouvernement Leterme I (composé de chrétiens-démocrates, de libéraux et de sociaux-démocrates) a injecté 20 milliards dans le secteur. Pour ce faire, le gouvernement a contracté d’importants emprunts qui ont fait grimper la dette publique pour de nombreuses années encore.
Les entreprises reçoivent chaque année plus de 25 milliards d’euros d’aides directes, voire plus de 50 milliards si l’on tient compte des aides indirectes (réductions de coûts, etc.).
Notre pays étant également membre de l’OTAN, notre gouvernement a finalement décidé d’augmenter les dépenses de militarisation à 3,5 % du PIB. Cela représente un surcoût annuel de 12 milliards d’euros, soit 23 milliards d’euros au total.
Depuis des décennies, les gouvernements belges successifs réduisent les recettes de l’État au profit des entreprises. Au nom de la compétitivité, l’impôt sur les sociétés a été ramené de 48 % à 25 %, ce qui nous coûte plus de 20 milliards d’euros par an et permet à de nombreuses entreprises de payer moins d’impôts grâce au statut de société. Les cotisations patronales sont réduites depuis 1981 à la suite de la crise pétrolière de 1973, ce qui s’est traduit par une perte de plus de 25 milliards par an pour la sécurité sociale.
Qui en paie le prix ?
Il apparaît ainsi clairement que le déficit budgétaire et la dette colossale ne sont pas le fait de la classe ouvrière, mais des capitalistes, des banques et de l’État bourgeois, tandis que les profits affluaient dans leurs poches.
Ne nous préoccupons donc pas de la comptabilité de la bourgeoisie ni du remboursement de ses dettes. Notre position est claire : la classe ouvrière ne doit pas payer un centime.
Une fois de plus, nous sommes confrontés à une période de stagflation ; une fois de plus, des gouvernements successifs de toutes couleurs et de tous partis tentent de « résoudre » le problème par des coupes budgétaires dans les soins de santé, la sécurité sociale, les allocations de chômage, les retraites, l’éducation et les services publics.
Aujourd’hui encore, ils avancent les mêmes propositions pour nous faire payer les dettes qu’ils ont elles-mêmes causées.
Quelles sont les propositions sur la table ?
Après que la bourgmestre de la N-VA, Els van Doesburg, a déclaré qu’il fallait faire plus d’enfants, le CD&V propose de réduire les allocations familiales. Le CD&V ne veut pas toucher aux personnes âgées, mais l’avenir de la jeunesse peut bien faire l’objet d’économies ; il souhaite également une hausse indexée des allocations de chômage.
La N-VA souhaite augmenter la TVA de 21 % à 22 % et harmoniser les taux de 6 % et 12 % à 9 %. Cette mesure antisociale ne ferait toutefois que taxer la consommation et rendre la vie encore plus chère ; c’est une mesure que la classe ouvrière ne doit pas accepter, même en cas d’augmentation salariale.
Par ailleurs, d’autres solutions sont proposées, telles que des économies sur les retraites et les soins de santé. Il est également question de limiter les effectifs dans la fonction publique, voire de taxer les mutuelles et nos syndicats.
La N-VA souhaite à nouveau débattre d’une réforme de l’État ; les nationalistes flamands constatent l’augmentation de la dette à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que le soutien obligatoire du gouvernement fédéral aux régions, et souhaitent diviser davantage le pays afin de réduire les coûts.
Les partis de gauche n’offrent aucune alternative ; tous s’accordent à dire qu’il faut faire des économies pour assainir le budget des citoyens. Seules leurs méthodes diffèrent. Alors que Vooruit, par crainte, n’oppose aucune résistance à ces mesures, les Verts, le PS et le PTB proposent toutes sortes de réformes, telles que des impôts sur les riches.
Pourtant, eux non plus ne remettent pas en cause les dizaines de milliards d’économies sur les recettes de l’État ni les milliards offerts en cadeau aux entreprises et aux banques. En se contentant d’un impôt sur les riches, ils laissent de côté les économies et les baisses de salaires du passé.
Si l’on osait s’éloigner de la logique de ce qui est « réaliste » pour le capitalisme, plus de 107 milliards d’euros seraient à portée de main chaque année pour redynamiser notre économie. Il n’est donc plus question d’un déficit à combler, mais d’un excédent qui peut être affecté à nos besoins.
| Mesure | Revenu |
|---|---|
| Supprimer les aides aux entreprises | 50 milliards Euro |
| Mettre fin à la militarisation | 12 milliards Euro |
| Rétablir l’impôt sur les sociétés à 48 % | 20+ milliards Euro |
| Rétablir les cotisations patronales | 25+ milliards Euro |
| Total | 107+ milliards Euro |
C’est leur accord, pas le nôtre.
Quoi qu’il en soit, nous pouvons nous attendre à un accord qui constituera une attaque frontale contre la classe ouvrière. Le capital tentera de soutirer jusqu’au dernier centime des poches de la classe ouvrière, de ses chômeurs, de ses malades, de ses personnes âgées et de ses jeunes.
Les partis traditionnels et d’opposition ne trouvent aucune solution en dehors du capitalisme ; l’UE oblige notre pays à remettre de l’ordre dans le capitalisme belge. Au sein du capitalisme impérialiste européen, ils ont plaidé en faveur de la prospérité, qui se fera une nouvelle fois au détriment de certaines franges de la classe ouvrière, tant au niveau national qu’à l’étranger.
La lutte défensive des syndicats doit se transformer en une lutte offensive capable de protéger notre sécurité sociale, de regagner ce que nous avons perdu et de remporter de nouvelles victoires. À travers tout le pays, en unissant les régions et les secteurs, aux côtés de la classe ouvrière de toute l’Europe.
Le mouvement de grève ne doit pas dépendre de négociations avec ceux qui veulent nous dépouiller. Au sein du mouvement syndical, nous devons dépasser le débat budgétaire et ne pas nous contenter de lutter contre le gouvernement actuel. La lutte doit être menée depuis les lieux de travail, pour nos revendications quotidiennes sur le terrain et contre le système pourri qui nous exploite jour après jour. Tant que notre société sera entre les mains des capitalistes et des banques, sans planification rationnelle de l’économie en fonction de nos besoins, un budget sain au service de la classe ouvrière sera impossible.
Pas de tergiversations dans les marges. Ne payez pas leurs dettes du passé, luttez pour votre avenir, pour le socialisme-communisme !
- Comité central de la JCB
