Bilan de l’été
La classe ouvrière vient de passer un été difficile. Alors que les représentants de la bourgeoisie prêchent depuis leurs piscines et leurs villas sur la vie et la procréation, notre classe a souffert de vagues de chaleur historiques, d’incendies et d’un coût de la vie de plus en plus élevé.
Nous revenons sur un été meurtrier, au cours duquel une partie considérable des Hautes Fagnes a brûlé et où nombre de membres de notre classe ont été abandonnés à leur sort par le capitalisme.
Morts de chaleur et profits brûlants
L’été dernier, les trois vagues de chaleur meurtrières ont coûté la vie à près de 3 000 de nos compatriotes, ce qui équivaut à un 11 septembre belge. Alors que Theo Francken veut assimiler les voix contestataires au terrorisme, le capital menace les conditions de vie des êtres humains à l’échelle mondiale. Les véritables terroristes d’aujourd’hui sont les capitalistes qui ont provoqué le réchauffement climatique et qui considèrent notre société comme du bois de chauffage pour alimenter leurs profits.
Même avec des températures de 40 degrés, les travailleurs ont dû continuer à travailler sans pauses supplémentaires ni moyens de se rafraîchir. Pour beaucoup, l’inflation et les prix élevés de l’énergie rendent le rafraîchissement inabordable.
Les chômeurs de longue durée qui ont perdu leurs allocations cet été ont dû chercher un nouvel emploi sous la canicule. Malgré les promesses du gouvernement, seul un huitième d’entre eux y sont parvenu ; près de la moitié continuent de peser sur notre sécurité sociale et les CPAS locaux en devant compter sur le revenu d’intégration.
Tout au long de l’été, le travail est devenu de moins en moins rémunérateur et de moins en moins qualitatif, notamment en raison de l’extension du travail flexible à tous les secteurs. Cela ne fait qu’aggraver les problèmes budgétaires et la faiblesse de la consommation.
Le capital belge en route vers la crise
L’inflation au mois d’août a frôlé les 4 % et les prix de l’énergie battent des records. Les prix du gaz sont à leur plus haut niveau depuis 2023, le pétrole a atteint près de 110 dollars le baril et, à la pompe, l’essence affiche son prix le plus élevé depuis 4 ans. Parallèlement, nos réserves de gaz s’élèvent à 65 %, leur niveau le plus bas depuis le début des relevés.
En glissement annuel, la croissance économique s’établit encore à 0,5 %, mais, comme dans d’autres pays européens, elle était exactement de 0 % au deuxième trimestre. La soif de croissance éternelle du capitalisme entraînera toujours des récessions et des crises.
Tant la hausse des prix de l’énergie que la concurrence de plus en plus acharnée entre les États-Unis, l’UE et la Chine menacent notre économie. L’industrie et la construction, piliers de notre économie et de notre autonomie, sont particulièrement touchées par la hausse des prix de l’énergie et des taux d’intérêt. Alors que des secteurs tels que les transports, la chimie, la sidérurgie et l’agroalimentaire dépendent de prix favorables de l’énergie et du pétrole, le secteur de la construction, quant à lui, dépend de prêts bon marché.
Une crise pour qui ?
Malgré leurs lamentations et la crise, la classe capitaliste se porte bien comparé à la misère de la classe ouvrière. Selon les chiffres du PTB, cette année en Belgique, les 1 % les plus riches ont vu leur fortune augmenter de 22 milliards d’euros, tandis que leur patrimoine a progressé de 1,6 %. Les 50 % les plus pauvres de la population ont vu leur patrimoine diminuer de 0,5 %.
La crise ne touche donc manifestement pas tout le monde : les capitalistes s’enrichissent sur le dos de la misère de la classe ouvrière, et ils osent encore se plaindre de « ne pas devenir assez riches ».
La bourgeoisie évoque les coûts salariaux élevés, l’indexation et la concurrence avec d’autres pays, qui rendraient nécessaire un soutien coûteux aux entreprises. Mais dans les autres pays de l’UE, et même dans des pays comme la Chine et les États-Unis, on observe exactement les mêmes problèmes de ralentissement de la croissance, de hausse des taux d’intérêt et d’augmentation des prix. Cela prouve que ce n’est pas la faute des coûts salariaux élevés, de la sécurité sociale ou d’une mauvaise politique. C’est le résultat de l’instabilité générale du capitalisme.
Sans une économie planifiée socialiste, les capitalistes freinent leurs investissements dans des situations peu rentables et la cause du problème persiste. Tant que l’économie restera entre les mains des capitalistes et des banques, aucune solution ne sera possible pour la classe ouvrière.
Alors que les capitalistes fêteront Noël dans l’opulence, notre classe est confrontée à un hiver sombre. De nombreux travailleurs en sont conscients ; le baromètre de la Banque nationale indique que la confiance des consommateurs a baissé. Le pessimisme s’est particulièrement accru quant à la situation future et aux perspectives de chômage.
« Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté »
C’est par cette devise, popularisée par le communiste italien Antonio Gramsci, que nous concluons notre bilan.
Face à la destruction croissante de notre environnement et aux conditions de travail déplorables, nous devons faire preuve de lucidité. Le désespoir ne permet pas aux communistes d’adopter une position combative aux côtés de la classe ouvrière.
Nous devons oser regarder la misère du capitalisme droit dans les yeux et nous engager à en libérer notre société. En période de crise, nous devons être prêts à nous soutenir mutuellement et à offrir des perspectives à nos collègues, camarades de classe et étudiants grâce à la lutte collective et à l’organisation.
Affirmons clairement nos positions et insufflons l’optimisme ! Opposons-nous à l’exploitation et à la destruction causées par le capitalisme impérialiste. Pas de panique, organisons-nous !
- Comité Central de la JCB

