Le jeudi 9, nous nous sommes rassemblés à ‘t Zuid, à Gand, en solidarité avec nos camarades turcs arrêtés et tous ceux qui s’opposent à l’impérialisme et à l’OTAN.
À l’occasion du sommet de l’OTAN à Ankara, où les dirigeants des pays alliés de l’OTAN se sont réunis pour discuter de leur appareil de guerre impérialiste, sept de nos camarades turcs du Parti communiste (TKP) ont été blessés et des centaines de militants, d’étudiants et de journalistes ont été arrêtés.
Avec des jeunes et des travailleurs issus notamment des communautés turque et arabe, nous nous sommes rassemblés devant les marches de la mairie de Gand. À proximité du pôle de transport reliant les quartiers populaires de Dampoort et Ledeberg au quartier étudiant. À Gand, la communauté turque, qui compte environ 20 000 personnes, est la plus grande communauté étrangère.
La municipalité de Gand se présente comme progressiste, mais elle interdit pourtant toute manifestation pendant les Fêtes de Gand. L’année dernière encore, l’un de nos membres turcs y a été arrêté et la ville a tenté à plusieurs reprises de lui infliger des sanctions municipales, sous le faux prétexte qu’il était le meneur d’actions illégales en faveur de la Palestine.
Nous ne nous laisserons pas intimider. La ville devrait avoir le devoir de protéger ses habitants turcs au lieu de leur infliger des amendes. Ce n’est pourtant qu’un symptôme d’un problème systématique.
De nombreuses petites entreprises à Gand sont connues pour leurs liens avec des réseaux turcs réactionnaires. Que les partis bourgeois refusent de condamner l’État turc n’est pas une surprise, mais que même les partis qui se présentent comme progressistes n’adoptent pas de positions claires face à l’AKP ou aux groupes néo-ottomanistes et préfèrent laisser les travailleurs turcs se faire tromper par la réaction constitue une véritable trahison envers la classe ouvrière turque.
Même au conseil municipal de Gand siègent des personnes ayant des liens avec les nationalistes turcs, comme Burak Nalli, de Vooruit, échevin chargé du personnel, des affaires civiles et des services.
L’impérialisme capitaliste mène la guerre, pille les pays, opprime les peuples et exploite les travailleurs aux quatre coins du monde. Ce n’est donc pas notre système, mais celui de ceux qui détiennent les monopoles et le capital financier, ceux qui ont l’État à leur botte et donnent l’ordre de tirer. Un système qui va des patrons de FN Herstal et Cockerill aux géants de la tech et de l’industrie chimique, en passant par tous ceux qui tirent profit des guerres du capital.
Leur système a tué des millions de personnes au fil des décennies, en Corée, au Vietnam, et aujourd’hui encore, notamment en Iran, en Palestine et au Liban, en Russie et en Ukraine. Les lois de ce système nous poussent vers une guerre générale où le bloc de l’OTAN devrait s’opposer à la Russie et à la Chine aux dépens de la classe ouvrière internationale. Pour l’instant, ce sont encore les Ukrainiens et les Russes qui sont jetés dans la machine à broyer, mais la militarisation s’intensifie partout.
En Turquie, la réaction gagne du terrain ; les groupes fascistes et impérialistes y sont soutenus par des forces bourgeoises à l’étranger et par l’OTAN. La Turquie dispose de la deuxième plus grande force armée de l’OTAN et occupe une position stratégique importante à la frontière entre l’Europe et l’Asie.
Les partisans du néo-ottomanisme veulent refaire de la Turquie une grande puissance impérialiste. Ils détruisent la République et les acquis de la lutte ouvrière et de la guerre d’indépendance afin de se hisser plus haut dans la hiérarchie impérialiste. C’est pourquoi l’État turc tente de contenir la force d’opposition des travailleurs et des étudiants en interdisant les manifestations et en réduisant les voix au silence. Même les activités en ligne qui vont à l’encontre des intérêts de l’État sont sanctionnées.
Beaucoup de nos camarades turcs à Gand retournent cet été en Turquie pour rendre visite à leurs amis, leur famille ou leurs partenaires. Mais dès qu’ils foulent le sol turc, ils s’exposent à la répression, à des amendes, voire à l’emprisonnement. Et cela, simplement pour avoir exprimé leur opinion ou parce qu’ils n’ont pas effectué leur service militaire.
Nous sommes aux côtés de nos camarades turcs, car une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre nous tous. Poursuivons la lutte sur tous les fronts, sur les lieux de travail, dans les rues et dans l’enseignement.
Notre message est clair et net : nous devons nous organiser contre cette répression, contre l’impérialisme et pour la révolution !
Ne touchez pas à nos camarades turcs ! Solidarité avec le TKP !
Pour la défense de la liberté des peuples et de l’autodétermination !
À bas l’OTAN et le capitalisme-impérialisme !
