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Fête nationale : pas notre royaume !

Alors que l’armée belge défile à Bruxelles sous le regard de la famille royale et que les drapeaux tricolores du royaume de Belgique flottent au vent, nous rendons hommage aux victimes du royaume.

Cette fête commémore le couronnement de Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Gotha, roi des Belges.

Nous rappelons la Révolution belge qui l’a précédée, un soulèvement national armé né de la crise économique liée à l’industrialisation capitaliste. Le prolétariat des Pays-Bas méridionaux, poussé par le chômage, la pauvreté et la faim, avait mené une lutte contre le capital, mais en raison du manque d’organisation prolétarienne et de conscience de classe, la direction politique revint à la bourgeoisie.

Nous commémorons les 26 et 27 septembre 1830, lorsque, au cours des journées sanglantes de septembre, le premier gouvernement révolutionnaire de Belgique vit le jour !

Bien que le peuple eût mené une lutte contre le Royaume-Uni des Pays-Bas, le nouveau gouvernement indépendant, composé d’industriels, d’intellectuels, de nobles et de hauts dignitaires ecclésiastiques, choisit de rétablir un royaume. Après que nombre d’entre eux eurent refusé cette offre, Léopold Ier, ancien maréchal de l’armée tsariste et époux de la princesse héritière britannique, devint finalement roi.

Près de deux siècles plus tard, notre roi actuel, Philippe, prononce son discours annuel pour nous souhaiter une bonne fête nationale. Cette année, il invite toutes les parties prenantes du secteur de l’éducation (enseignants en grève, élèves manifestants, gouvernement austériste) à retrouver le calme et le respect mutuel, afin de collaborer pour une société cohésive. Cette société se reflète dans un grand et coûteux défilé qui se déroule à Bruxelles le jour de la fête nationale. Le roi et le peuple viennent y admirer les dernières acquisitions militaires lors d’un grand défilé.

Le système bourgeois n’est pas cohérent ; il est miné par les contradictions, la concurrence et les luttes. Notre royaume n’a jamais eu rien d’autre à offrir ; tous les acquis dont nous pouvons être fiers ont été conquis par la classe ouvrière grâce à sa résistance organisée. La Belgique possède une riche histoire de luttes ouvrières. Malgré une répression meurtrière, les travailleurs ont réussi à obtenir le droit de vote, la réduction du temps de travail et un revenu garanti. Et ce, alors que, en période de crise, nombreux sont ceux qui ont attaqué la révolution et les acquis de la lutte ouvrière belge, sous les bannières de la collaboration nazie, du « Dietsland » (Grande-Pays-Bas) et d’une Flandre fasciste.

Tout cela alors que la bourgeoisie belge, sous l’égide des Saxe-Cobourg-Gotha, a pillé des pays et opprimé la classe ouvrière internationale.

En ce jour de fête nationale, nous rendons donc hommage :

  • Aux 10 millions de Congolais qui, sous le règne de Léopold II, ont péri pour les profits du capital belge. À Patrice Lumumba et à tous ceux qui ont été torturés et assassinés, alors qu’ils luttaient pour la liberté des peuples et l’autodétermination.
  • Les victimes de l’impérialisme belge. Ceux qui, sous le règne d’Albert Ier, ont été envoyés à la mort pendant la Première Guerre mondiale. Les victimes de l’Allemagne nazie après que Léopold III eut capitulé sans condition contre la volonté du peuple et pris la fuite. Les innombrables victimes de la participation belge à la guerre de Corée et aux nombreuses interventions ultérieures de l’OTAN.
  • Les ouvriers, républicains, socialistes et communistes qui ont été torturés et assassinés par la répression d’État et des groupes fascistes. En particulier Julien Lahaut, dont nous commémorerons la mort le 16 août à 15 h au cimetière de Biens Communaux à Seraing.

La Révolution belge fut une lutte juste et progressiste menée par un mouvement ouvrier encore sous-développé. La révolution n’a pas été menée à son terme par la direction bourgeoise ; seul un mouvement ouvrier révolutionnaire organisé peut transformer ce royaume capitaliste en une république pour et par la classe ouvrière.

Ce système n’a plus rien à nous offrir.
Vive la république !

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