- Déclaration de la Commission internationale de la JCB
Après l’annonce par le Hamas de son intention de confier l’administration de Gaza au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) de Trump, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a déclaré qu’il allait préparer la décision de reconnaissance de la Palestine. Depuis lors, le Conseil des ministres s’est réuni et la décision semble à nouveau reportée. Les Engagés, le CD&V et Vooruit souhaitent mener cette décision à bien, tandis que la N-VA et le MR y sont opposés. Bouchez s’est même exprimé avec cynisme : « La Palestine ? Le gouvernement belge a des problèmes bien plus importants. »
Pour l’instant, le gouvernement semble se contenter d’une interdiction d’importation de marchandises provenant des colonies illégales situées sur le territoire palestinien. Il est toutefois de notoriété publique qu’une telle interdiction n’aura que peu d’effet. Les marchandises provenant du plateau du Golan occupé en Syrie ne sont pas interdites, par exemple. Malgré la grande annonce faite par Bart De Wever devant le Conseil de l’ONU en septembre 2025, la reconnaissance de la Palestine semble encore lointaine.
Si l’État belge venait tout de même à reconnaître effectivement la Palestine, ce serait une avancée positive. Les communistes réclament depuis des années la reconnaissance d’un État palestinien, ce que certains gouvernements européens n’ont toujours pas fait à ce jour. Même des victoires partielles peuvent être positives, mais il semble qu’on ne puisse pas encore parler d’une telle victoire partielle.
Les JCB identifient également un certain nombre de problèmes liés aux positions des différents partis au sein du gouvernement. Tout d’abord, les partis exigent la fin de l’administration du Hamas sur Gaza. Cela reviendrait à confier l’administration de Gaza au NCAG de Trump. Pour le gouvernement, la reconnaissance de la Palestine n’est donc possible que pour un État fantoche à Gaza, parallèlement à l’État collaborateur déjà existant en Cisjordanie. Depuis la capitulation de l’OLP dans le cadre des accords d’Oslo, le Hamas était l’organisation politique la plus solide à opposer une véritable résistance à l’occupant. Bien qu’il s’agisse d’une organisation bourgeoise qui s’oppose également à la classe ouvrière palestinienne, la fin de sa résistance constituerait un pas en arrière, et non un pas en avant. Exiger la capitulation de la résistance revient à exiger la fin de la lutte pour l’autodétermination palestinienne.
Il est on ne peut plus clair que Prévot et ses collègues préfèrent un État fantoche à un État palestinien indépendant. Un État fantoche à Gaza signifierait une oppression encore plus grande de la population ouvrière palestinienne, une existence encore plus humiliante sous un État contrôlé par les capitalistes américains et leurs alliés. Malgré les promesses concernant la reconstruction de Gaza, il semble qu’aucun dollar des 17 milliards promis par le président Trump ne parviendra à Gaza. Si des plans de reconstruction devaient tout de même voir le jour, on ne pourrait guère s’attendre à autre chose qu’à l’assujettissement des travailleurs palestiniens de Gaza aux capitalistes américains et à leurs partenaires. Beaucoup se souviennent en effet encore des projets visant à transformer Gaza en « Riviera du Moyen-Orient ».
Deuxièmement, les promesses du gouvernement ne signifient toutefois pas la reconnaissance totale de la Palestine. La solution à deux États proposée par le gouvernement prive toujours la Palestine de la majeure partie de son territoire et perpétue la légitimité de son occupant. Il n’est pas non plus question du droit au retour ; Les Engagés, le CD&V et Vooruit semblent se contenter d’une illusion d’autodétermination et d’indépendance palestinienne. Ils se satisfont même d’une interdiction timide des marchandises provenant des colonies illégales.
Il n’y a pas grand-chose à dire sur la position de la N-VA et du MR. Personne ne devrait s’étonner que les partis de De Wever et de Bouchez ne tiennent pas leurs promesses. Le conflit entre les partis au pouvoir révèle deux facettes de la bourgeoisie : l’une tombe facilement le masque, tandis que l’autre tente, par la tromperie, de rallier à sa cause une partie des travailleurs pro-palestiniens. Il appartient aux travailleurs et aux communistes de démasquer ces deux facettes et de poursuivre la lutte pour une véritable autodétermination palestinienne. Ne nous contentons pas de promesses trahies et de sanctions à moitié prises.
Les revendications des JCB restent claires : un seul État palestinien démocratique et socialiste entre la Méditerranée et le Jourdain, le droit au retour pour tous les Palestiniens et la libération de tous les prisonniers palestiniens !
De la mer au Jourdain, la Palestine sera libre!
