La Fête du Travail n’est pas la seule date importante en mai pour la classe ouvrière. Malheureusement, cette journée n’est pas une fête officielle dans notre pays. Le 8 mai est le jour où l’Allemagne nazie a signé sa capitulation. Comme cette nouvelle n’est arrivée au Kremlin que dans la nuit du 9 mai, cette journée est célébrée dans les pays de l’Est le 9 mai.
Quelle est la signification spécifique de ce jour pour la classe ouvrière ?
La date du 8 mai symbolise la défaite du fascisme en Europe. Le fascisme représentait pour la classe ouvrière une botte écrasée sur le visage, une oppression encore plus barbare que celle qu’elle subissait déjà dans une société « démocratique ». Pour les communistes, la question du fascisme est indissociable de celle du capitalisme. Bien que Hitler se soit souvent exprimé contre les « banquiers juifs », son régime nazi fut pourtant soutenu par les banquiers et les grands patrons. Des magnats comme Henry Ford et Alfried Krupp étaient même de fervents admirateurs du nazisme.
Cela s’explique par le fait que le fascisme est la réaction la plus brutale contre le mouvement ouvrier, une tentative désespérée du capitalisme pour assurer sa survie. Rien n’a été épargné par le fascisme pour sauver l’économie capitaliste : tout le monde connaît l’échelle massif de l’esclavage dans les camps de concentration allemands. Pourtant, l’idée persiste chez certains, surtout à l’extrême droite, que Hitler aurait été un « socialiste ». Cette affirmation a même été récemment dit par Alice Weidel, la dirigeante du parti d’extrême droite allemand, l’AfD.
Mais ce n’est pas seulement l’extrême droite qui tente d’assimiler socialisme et fascisme. En janvier 2025, le Parlement européen a voté à la majorité une résolution qui faisait la même chose. Cette résolution, intitulée « La désinformation et la falsification historique de la Russie pour justifier sa guerre d’agression contre l’Ukraine », critiquait la propagande russe visant à légitimer l’invasion de l’Ukraine. Cependant, ce n’était pas l’aspect principal de cette résolution.
Une grande partie du texte était consacrée à l’Union soviétique et au « stalinisme ». En essayant d’assimiler l’Union soviétique à la Russie actuelle et à l’Allemagne nazie d’autrefois — de quoi susciter l’indignation des peuples de l’ex-URSS —, l’Union européenne a répété sa thèse selon laquelle l’URSS et l’Allemagne nazie seraient des régimes du même ordre de mal. Pour couronner le tout, cette résolution demande même l’interdiction des symboles communistes soviétiques.
Il est temps de rétablir la vérité. Depuis l’émergence du fascisme, ce sont les communistes qui ont combattu le plus fermement contre cette tendance politique. Fascistes et communistes ont toujours été des ennemis jurés. Ce furent les communistes en Italie qui luttèrent contre les Chemises noires de Mussolini ; c’était le Parti communiste de Belgique qui organisait la « Grève des 100 000 » contre l’occupation allemande en 1941 ; c’était Ernst Thälmann et les communistes d’Allemagne qui dirigeaient la véritable résistance contre Hitler.
L’Union soviétique était le plus grand symbole de la résistance antifasciste. Dès le début des années 1930, l’URSS poursuivit une politique d’endiguement contre l’Allemagne nazie. Elle était prête à envoyer des troupes pour défendre la Tchécoslovaquie contre Hitler. Encore en 1939, à la dernière minute, elle proposait de former un bloc anti-Hitler avec la France et le Royaume-Uni. C’est l’hésitation des puissances occidentales qui a conduit à la signature du pacte Molotov-Ribbentrop.
Et pourtant, il y aurait une guerre entre l’Union soviétique et le régime hitlérien. L’opération Barbarossa fut la plus grande force d’invasion de l’histoire de l’humanité, avec trois millions de soldats mobilisés pour écraser le pouvoir soviétique. Pourtant, grâce à l’héroïsme de l’Armée rouge et des peuples soviétiques, alliés aux classes ouvrières de toute l’Europe, le fascisme put être vaincu. L’Union soviétique sacrifiait 27 millions de ses citoyens pour y parvenir. Elle réalisait le plus grand sacrifice humain de toute l’histoire pour vaincre un mal que l’humanité n’avait jamais connu auparavant. Est-ce là un pays que l’on peut assimiler au régime nazi ? Nous pensons que non.

Nous pensons que non. Les 8 et 9 mai méritent une signification qui ne soit pas déformée par les falsificateurs de l’histoire. Les 8 et 9 mai incarnent la victoire de la classe ouvrière, de l’humanité, contre le mal du fascisme capitaliste barbare.

